En 2004, le rapport Ecosystème de la Croissance du député
Christian Blanc soulignait en page 73 le caractère stratégique du plateau de
Saclay.
Un site internet est dédié au rapport : www.ecosysteme-croissance.com.
Ce rapport est à l’origine de l’appel à projet des Pôles de
Compétitivités en 2005.
Malheureusement, le cahier des charges, le choix de trop
nombreux projets, la mauvaise composition de la gouvernance, le peu de
financement de PME, et l’absence de mesures d’évaluation, ont conduit à un
véritable gâchis.
Extrait du rapport Ecosysteme de la Croissance p 73 :
"IV.2.6 – Le plateau de Saclay un potentiel sous
exploité par manque de volonté et de moyens d’action régionaux
Issus de l’essaimage naturel du quartier latin, le long de
l’ancienne ligne de Sceaux (RER B), le plateau de Saclay et ses vallées
mitoyennes est la plus grande concentration de chercheurs, étudiants
entreprises de haute technologie de France, qui pourrait la conduire à compter
parmi les clusters technologiques de tout premier plan à l’échelle Européenne
et mondiale.
Centré autour d’Orsay et du plateau, cet espace correspond
au bassin de vie et d’emploi du Sud Ouest parisien qui a la forme d’un
croissant allant de Saint Quentin à Évry. Cette zone ne correspond à aucun
découpage administratif, mais est celle qui a une taille critique qui la rend
comparable à la Silicon Valley.
Le plateau de Saclay accueille une densité exceptionnelle
d’universités et d’écoles. On trouve juste à coté de l’Université d’Orsay
(Paris XI), HEC, l’École polytechnique, Supelec, Sup Optique pour ne citer que
les plus connues. L’Ecole Centrale n’est pas très loin, enfin une grande offre
de formation plus courte (IUT, BTS) est aussi proposée. En tout, prés de 25 000
étudiants sont présents autour d’Orsay. A coté de ces Écoles et universités se
sont aussi implantés de grands centres de recherches. On peut citer, sans être
exhaustif, le CEA, l’INRA, l’ONERA, les laboratoires de l’École Polytechnique,
et les laboratoires (parfois mixtes avec le CNRS) de la faculté d’Orsay. Le
génopôle d’Évry n’est pas loin. De plus la zone accueille aussi des centres de
recherche industriels : les centres de Thalès, Danone, Motorola, le
technocentre de Renault…le nombre total de chercheurs publics est de l’ordre de
12 000 auquel on peut ajouter environ 4 000 chercheurs du domaine privé.
Enfin sur la même zone on dénombre quatre grandes zones
d’activité (Saint Quentin, Courtaboeuf, Versailles-Velizy et Massy) qui a elles
seules représentent 275 000 emplois.
Trois filières technologiques correspondant à des systèmes
territoriaux émergent (conjonction de formation recherche et entreprises du
secteur) : - l’ingénierie de l’information ; - l’optique et les matériaux
composés ; - biologie santé et environnement. A ces trois filières s’ajoute la
filière nucléaire du CEA qui fonctionne de façon autonome.
De ce fait, le plateau de Saclay offre un potentiel unique
en Europe pour saisir l’opportunité de l’exploitation du « nano-monde ». Jean
Therme, directeur du CEA Grenoble, décrit ainsi ce terrain de développement des
technologies de demain : « Le nano-monde, lieu de rencontre entre les
principales disciplines scientifiques à une échelle de la dimension des atomes,
apparaît comme un vaste champ d’investigation du XXIème siècle. Le nano-monde
consacrera la rencontre entre quatre technologies majeures, les nanotechnologies,
les biotechnologies, les technologies de l’information et les sciences
cognitives, désignées sous l’acronyme anglo-saxon NBIC. La convergence NBIC
doit permettre d’aborder l’immense complexité des systèmes qu’ils soient issus
du monde minéral, du monde biologique ou de la rencontre entre ces deux mondes.
»
L’université de Stanford s’est déjà engagée dans cette voie
outre-Atlantique avec le projet Bio-X qui rassemble 270 chercheurs issus de 26
disciplines différentes pour faire de la recherche fondamentale dans les
sciences de la vie. Le plateau de Saclay cumule déjà toutes les composantes
nécessaires à un développement compétitif de la convergence NBIC. Articulé à un
pôle complémentaire, celui de Grenoble, cet ensemble permettrait à notre pays
de disposer d’un potentiel scientifique et technologique parmi les plus
performants au monde.
Face à de tels enjeux, les Etats-Unis d’Amérique et le
Japon ont lancé des initiatives très volontaristes pour assurer leur
compétitivité sur ces futurs marchés émergents (chiffrés par Jean Therme à plus
de 200 milliards d’euros à moyen terme).
Le plateau porte aussi en germe un développement industriel
considérable. Le terrain scientifique y reste en effet étonnamment stérile. Aux
Etats-Unis, pour 10 000 chercheurs, 100 entreprises innovantes sont créées par
an. Le plateau de Saclay, qui compte 16 000 chercheurs, devrait à cette aune
voir émerger 160 entreprises par an : il ne s’en crée en réalité qu’une
dizaine. Aucun grand groupe technologique n’a émergé de la région au cours
d’une période pendant laquelle ont émergé ailleurs Microsoft, Apple, Oracle,
Juniper, Cisco, Ciena, Intel ou Palm.
Le problème est donc aujourd’hui de transformer toutes ces
potentialités en réalités opérationnelles. Pour cela il faut un plan d’ensemble
et une action cohérente pour organiser les synergies. Il existe actuellement
des coopérations, mais elles demeurent inefficaces car elles se superposent aux
structures existantes. Elles ne parviennent pas à former un mode de fonctionnement
en tant que tel. Ainsi, le plateau est partagé entre trois départements. Les
centres de recherche et de formation n’ont aucune autonomie et leur
administration relève du pouvoir central qui ignore la logique territoriale.
Aucune réelle coopération n’émerge entre les communautés d’agglomération qui
sont en concurrence pour le bénéfice de la taxe professionnelle.
Le plateau de Saclay fournit le meilleur exemple du handicap
que représente pour le développement économique l’absence d’un acteur territorial
fort et incontesté. Dans un contexte comme celui-ci, seul le conseil régional
apparaît à même de catalyser les dynamiques et aligner les efforts dispersés.
Doté des compétences suggérées par le présent rapport, il serait
l’interlocuteur de tous les acteurs importants et pourrait prendre en main ce
chantier essentiel.
Le plateau de Saclay pourrait devenir l’archétype en France
des grands campus de recherche et d’innovation. Il lui manque à ce jour :
- le passage d’un développement non maîtrisé de zones
industrielles hétérogènes à une logique des parc technologiques dotés d’une
image forte, fondés sur une offre de services aux sociétés innovantes et sur la
mise en partage des moyens d’essais lourds avec les laboratoires publics ;
- un lieu de vie fédérateur où se croiseraient toutes les
populations ;
- un schéma de transports en commun mettant en relation le
plateau et les vallées et les institutions entre elles ;
- une image forte, mondiale.
Ces éléments ne pourront émerger sans deux acteurs nouveaux
: une structure d’animation associative réunissant tous les partenaires public
et privés et une société d’aménagement financièrement soutenue par le conseil
régional. »
Le projet Paris Saclay aujourd’hui
Depuis 2004, en dehors d’un concours international d’idée
issu d’une Opération d’Intérêt National en 2007, rien de concret a été lancé.
Le secrétariat d’Etat à la Région Capitale devrait avoir la
charge d’un tel dossier, en ayant l’objectif de fédérer l’ensemble des acteurs
publics et privés.
La région Ile de France, recèle d’autres clusters, de moindre importance, mais avec de forts potentiels, comme Paris Sorbonne.
Les enjeux de la réussite du projet Paris Saclay
La réussite seule du projet Paris Saclay pourrait apporter
0,5 à 1 % de croissance en plus au niveau national.
La dynamique autour du projet Paris Saclay, créerait dans
les autres régions, une dynamique similaire, qui ira au-delà du périmètre des
pôles de compétitivités.
Ainsi, la France retrouverait le plein emploi, avec un
pouvoir d’achat et un système social renforcés.
Les nombreux projets de clusters pourraient permettre de
renouer avec l’entrepreunariat, et le goût du risque et d’innovation.
Ces nombreux écosystème de croissance seront une source de
création et de développement de PME et d’emplois.
Les PME représentent 60 % des emplois et 60 % de la richesse
produite en France.
Certaines PME seront aussi les grands groupes français
indépendants de demain.
En moyenne, 50 % du capital des grands groupes français sont
détenus par des fonds d’investissement étrangers, contre 30 % aux Etats-Unis.
Sans états d’âmes, sous la pression de leurs actionnaires,
nos grands groupes délocaliseront les emplois des ouvriers et des ingénieurs.
Aujourd’hui, le vivier de PME capables d’atteindre la taille
d’un grand groupe digne du CAC 40, est à sec. Aucun membre du CAC 40 a moins de
20 ans d’existence, alors que 40 % des grands groupes américains ont moins de
20 ans d’existence.
Ces PME à fort potentiels sont indispensables pour notre
Croissance et notre balance commerciale.
Par rapport à la France, l’Allemagne dispose de 10 000 PME
de 300 salariés, soit 3 millions d’emplois, sur des produits et des services à
forte valeur ajoutée, hautement exportables.
L’Allemagne connaît un croissance de 2,7 %, une balance
commerciale bénéficiaire de 200 milliards d’euros.
La France connaît une croissance de 1,9 % et une balance
commerciale déficitaire de 40 milliards d’euros.
Les enjeux électoraux
Le parti politique, qui fera la meilleure promotion du
projet Paris Saclay et de projets régionaux analogues, gagnera fortement en
image.
L’Intelligence des territoires est la clé des prochaines élections régionales et présidentielles.

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